Le comité d’entreprise : place de hacks et de dé-silotage !

Vous avez des envies de bouger les murs internes, de tester de nouvelles manières de collaborer, de faire des choses sans passer 3 jours à essayer de grappiller 3 jours sur une ligne de pointage, de proposer des idées hors de votre domaine officiel de compétences, de penser société et pas uniquement pour votre « chapelle »… mais les process vous l’interdisent, votre hiérarchique n’y voit aucun intérêt, on vous rétorque  « Pas notre problème, c’est celui de l’autre direction ! », « Tu vas pas m’apprendre mon métier ! »« Mais de quoi il se mêle… » … des murs… encore des murs… le moral est au plus bas…

Vous vous dites : « Suis-je le seul dans cette boîte à penser comme ça ? Non, les discussions à la machine à café me le prouvent… »

Vous ne demandez pas grand chose,  juste un petit espace de liberté d’action, d’expérimentation, de prototypage, de bienveillance et également de partage…

« Faut-il quitter ma boîte ?… mais je n’en ai pas envie… les produits que nous réalisons me passionnent… »

Comment faire ?

Du réseau interne ? « Pourquoi pas, mais je ne l’ai pas… » 

Aller voir votre directeur ?… « Suis-je légitime ? Ai-je le droit ? »

… le buzzwording start-up / innovation / agilitė / entreprise libérée tourne à plein régime… mais vous vous retrouvez plus dans l’esprit fablab / makerspace… Faire par soi-même, partage des connaissances, expérimentation / échec / apprentissage / réussite… « Ne le dis pas, fais le ! », « C’est celui qui fait qui a raison »

… Vous tournez en rond…

Et si une solution était devant vos yeux ? Un endroit « neutre », où l’on peut faire des choses avec un peu d’investissement humain et qui est plus ou moins intégré à la boîte ?

Ce lieu dont nous vous parlons est le comité d’entreprise ou plus communément appelé « CE ».

Certes, un endroit politique – et nous ne rentrerons pas dans cette discussion – mais un endroit où les barrières hiérarchiques, chapelles / silos ne font plus loi, où la passion cachée de chacun permet de discuter à égal, de retrouver une forme de légitimité par le faire et de découvrir des compétences insoupçonnées de vos collègues,… de partager, aider sans jugement négatif… et même, créer du liant intergénérationnel !

Et si, le CE était tout simplement une place de hacks et de dé-silotage des entreprises ? Un « out of the box » interne !

Voici quelques idées :

  • Lancer une conférence sur un thème qui vous tient à cœur et que vous souhaiteriez voir aboutir au sein de l’entreprise
    • Permet de montrer qu’on est hacktif
    • Permet de rencontrer des collègues curieux, intéressés… et, pourquoi pas, créer un réseau bienveillant interne
  • Lancer une section makerspace où les connaissances sont partagées, les discussions libres, … où chacun respectera la charte commune
    • Permet de créer une communauté ayant des valeurs communes
    • Permet de faire émerger les passions cachées
    • Permet de diffuser l’esprit maker

A vous de jouer et d’essayer !

Bon Hack ! 🙂

Illustration réalisée par Aline Rollin lors de l’événement 360Possibles à Brest (Novembre 2017). Merci Aline!

Le « Fablab interne » : une base arrière de l’Hacktion ?

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Comme nous le constatons au travers des différents exemples de corporate hacking, l’Hacktion de faire bouger les lignes en interne peut prendre naissance n’importe où et n’importe quand dans nos organisations. Certaines Hacktions nécessitent même d’être mobiles pour être mises en oeuvre (cf. le poster sauvage et faire le process à pied, expliqués par Fabrice Poussière). Pourtant, la question d’un lieu accueillant pour la préparation de l’action du corporate hacker se pose, dans le sens où certains d’entre nous préfèrent agir de façon discrète, voire invisible au sein de leur organisation, et s’imaginent mal mettre en mouvement leur hack depuis leur poste de travail.

Partant de ce constat, et après un rapide audit des locaux existants au sein d’une entreprise, se pose la question suivante : le « Fablab interne » (ou makerspace ou laboratoire d’innovation, peu importe le nom qu’on lui donne) pourrait-il constituer un lieu propice à l’émergence et la prolifération de « corporate hackers » ? La suite de cet article constitue une réponse tout à fait personnelle, basée sur un retour d’expérience individuel au sein d’une seule organisation et ne peut certainement pas être élargie à une vérité générale. Pour autant, quelques éléments constatés chez d’autres me font penser que des principes de fonctionnement assez similaires peuvent provoquer des conséquences assez proches.

De mon point de vue, le « Fablab interne » présente quelques caractéristiques intéressantes (au delà de sa fonction dans l’entreprise dont personne ne doute aujourd’hui) : son apparition est récente, son existence parfois méconnue, et son mode de fonctionnement assez flou, du fait de sa jeunesse.

Vous allez me demander : « En quoi un Fablab interne peut-il aider un corporate hacker ? » et vous aurez raison. Selon moi, ses caractéristiques lui permettent d’échapper aux processus sclérosants, puisque par définition, les personnes qui auront envie de pousser la porte d’un tel lieu seront forcément intéressées et motivées par des approches et activités nouvelles, différentes de leur quotidien, tournées vers le faire. On s’approche des valeurs promues et partagées par les « corporate hackers ». En comptant sur le fait que ces personnes vont de façon mécanique échanger des compétences et construire des choses ensemble, on peut alors assez vite imaginer que des hacks de type « Formation Bottom-Up » ou « Community Mobilisation » y apparaîtront naturellement.

Un autre aspect du Fablab favorable à l’émergence du corporate hacking est la discrétion qu’il peut apporter à un projet non officiel ou à un hack en gestation  : pas de nécessité de faire du reporting , assez peu de présence de managers qui pourraient freiner les initiatives personnelles, bienveillance des personnes présentes vis-à-vis de l’utilisation des ressources. À priori, on retrouve là quelques éléments de nature à faciliter le travail d’un Hacktivateur en devenir et de donner un espace d’épanouissement aux amateurs du « travail en perruque » (dénomination du travail caché en recherche et ailleurs).

Un autre point (et ce sera le dernier pour cet article) est celui des équipements disponibles au sein d’un Fablab interne. Ce sont généralement des outils pertinents et simples d’utilisation, mais qui peuvent eux-mêmes avoir été détournés de leur fonction initiale : par exemple, récupérer le scanner 3D acheté (mais pas utilisé) par le service qualité pour le contrôle des pièces en réception et l’utiliser pour créer des modèles de pièces à réparer durant les animations Repair Café, voilà un premier hack bienveillant réalisable pour faire vivre un fablab.

Un bénéfice moins évident est qu’un Fablab interne  peut challenger le management en posant la question du « comment laisser place à l’initiative ? » ; c’est aussi un lieu où le « flat management » pourra être expérimenté.

Au final, un tiers lieu interne (pour ne pas dire Fablab) catalyse souvent :

  • des personnes curieuses et ouvertes d’esprit, en quête de nouveauté et de passage à l’action,
  • un espace-temps échappant assez souvent au contrôle des structures établies,
  • des outils accessibles et simples d’utilisation pour concrétiser ses idées, et à faire évoluer en fonction de ses besoins et des ressources de l’entreprise.

De là à conclure qu’un corporate hacker vivra mieux la mission qu’il s’est donné grâce à un Fablab interne, il n’y a qu’un pas.

Reste à savoir qui le franchira et mettra en oeuvre le Hack du Fablab autodéclaré.

Fabrice et Maxime