Appel du 18 juin: Hacktivation générale

Un petit hommage à la sauce Hacktivateurs à cette date historique du 18 juin… Et si nous faisions preuve du même engagement pour changer nos organisations:

Sans nous prendre au sérieux voici un appel à l’hacktivation générale. Twittez l’article ou la vidéo avec le hashtag #HacktivationGenerale si notre démarche a du sens pour vous.

Le « Fablab interne » : une base arrière de l’Hacktion ?

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Comme nous le constatons au travers des différents exemples de corporate hacking, l’Hacktion de faire bouger les lignes en interne peut prendre naissance n’importe où et n’importe quand dans nos organisations. Certaines Hacktions nécessitent même d’être mobiles pour être mises en oeuvre (cf. le poster sauvage et faire le process à pied, expliqués par Fabrice Poussière). Pourtant, la question d’un lieu accueillant pour la préparation de l’action du corporate hacker se pose, dans le sens où certains d’entre nous préfèrent agir de façon discrète, voire invisible au sein de leur organisation, et s’imaginent mal mettre en mouvement leur hack depuis leur poste de travail.

Partant de ce constat, et après un rapide audit des locaux existants au sein d’une entreprise, se pose la question suivante : le « Fablab interne » (ou makerspace ou laboratoire d’innovation, peu importe le nom qu’on lui donne) pourrait-il constituer un lieu propice à l’émergence et la prolifération de « corporate hackers » ? La suite de cet article constitue une réponse tout à fait personnelle, basée sur un retour d’expérience individuel au sein d’une seule organisation et ne peut certainement pas être élargie à une vérité générale. Pour autant, quelques éléments constatés chez d’autres me font penser que des principes de fonctionnement assez similaires peuvent provoquer des conséquences assez proches.

De mon point de vue, le « Fablab interne » présente quelques caractéristiques intéressantes (au delà de sa fonction dans l’entreprise dont personne ne doute aujourd’hui) : son apparition est récente, son existence parfois méconnue, et son mode de fonctionnement assez flou, du fait de sa jeunesse.

Vous allez me demander : « En quoi un Fablab interne peut-il aider un corporate hacker ? » et vous aurez raison. Selon moi, ses caractéristiques lui permettent d’échapper aux processus sclérosants, puisque par définition, les personnes qui auront envie de pousser la porte d’un tel lieu seront forcément intéressées et motivées par des approches et activités nouvelles, différentes de leur quotidien, tournées vers le faire. On s’approche des valeurs promues et partagées par les « corporate hackers ». En comptant sur le fait que ces personnes vont de façon mécanique échanger des compétences et construire des choses ensemble, on peut alors assez vite imaginer que des hacks de type « Formation Bottom-Up » ou « Community Mobilisation » y apparaîtront naturellement.

Un autre aspect du Fablab favorable à l’émergence du corporate hacking est la discrétion qu’il peut apporter à un projet non officiel ou à un hack en gestation  : pas de nécessité de faire du reporting , assez peu de présence de managers qui pourraient freiner les initiatives personnelles, bienveillance des personnes présentes vis-à-vis de l’utilisation des ressources. À priori, on retrouve là quelques éléments de nature à faciliter le travail d’un Hacktivateur en devenir et de donner un espace d’épanouissement aux amateurs du « travail en perruque » (dénomination du travail caché en recherche et ailleurs).

Un autre point (et ce sera le dernier pour cet article) est celui des équipements disponibles au sein d’un Fablab interne. Ce sont généralement des outils pertinents et simples d’utilisation, mais qui peuvent eux-mêmes avoir été détournés de leur fonction initiale : par exemple, récupérer le scanner 3D acheté (mais pas utilisé) par le service qualité pour le contrôle des pièces en réception et l’utiliser pour créer des modèles de pièces à réparer durant les animations Repair Café, voilà un premier hack bienveillant réalisable pour faire vivre un fablab.

Un bénéfice moins évident est qu’un Fablab interne  peut challenger le management en posant la question du « comment laisser place à l’initiative ? » ; c’est aussi un lieu où le « flat management » pourra être expérimenté.

Au final, un tiers lieu interne (pour ne pas dire Fablab) catalyse souvent :

  • des personnes curieuses et ouvertes d’esprit, en quête de nouveauté et de passage à l’action,
  • un espace-temps échappant assez souvent au contrôle des structures établies,
  • des outils accessibles et simples d’utilisation pour concrétiser ses idées, et à faire évoluer en fonction de ses besoins et des ressources de l’entreprise.

De là à conclure qu’un corporate hacker vivra mieux la mission qu’il s’est donné grâce à un Fablab interne, il n’y a qu’un pas.

Reste à savoir qui le franchira et mettra en oeuvre le Hack du Fablab autodéclaré.

Fabrice et Maxime

Corporate Hacking: Commencez par le Why

On peut parler Corporate Hacking pendant des heures, se réjouir d’avoir fait bouger les lignes ou d’avoir gagné le droit d’expérimenter dans de bonnes  conditions dans nos entreprises, on peut traiter de la technique et des méthodes (on le fera dans les prochains articles) mais ce serait passer à coté de l’essentiel: le sens de votre action.

Parlons de votre Why et de votre motivation. Si vous connaissez Simon Sinek,  je n’aurai pas à vous en convaincre. Et si vous ne le connaissez pas encore, sachez que vous avez besoin d’être au clair avec vous-même avant de faire évoluer la culture de votre entreprise et ce, pour plusieurs raisons.

La première des raisons est que, si vos actions ont du sens, vous serez motivé (et vous en aurez besoin). On sait bien que la motivation intrinsèque est un carburant beaucoup plus puissant que les autres!

N’oublions pas non plus que bien connaitre son but et son objectif aide à définir une stratégie. L’analogie du coureur se pose bien comme exemple : on ne fera pas la même course sur un marathon selon qu’on cherche juste à le terminer ou à obtenir un chrono (bien qu’on cherche dans les deux cas a depasser ses limites). Il  en ira de même pour votre hacktion en fonction de votre objectif a court  ou  long terme.

Ensuite, le sens de vos actions et votre motivation, vous donneront une capacité d’entrainement. Ceux qui partagent le sens de votre action, seront tentés de vous suivre.

Votre mission statement (ou profession de foi) est analogue à un pitch business. Ce petit texte très court, exprimé avec la force de la conviction, est un média puissant pour communiquer son enthousiasme et donner envie.

Voici un outil qui vous aider à formuler cette quête de sens :

MissionStatementHacktivateursTéléchargez l’image

Même si j’insiste sur le fait que ce travail est d’abord à faire par vous et pour vous, je partage la première version de mon mission Statement personnel. Tout simplement pour que vous ayez un exemple et qu’il n’y a aucune raison de le garder secret dans mon cas précis.

Avant j’essayais d’appliquer l’ensemble des processus de l’entreprise puis un jour, j’ai vu que les processus et les dogmes dominants freinaient dans certains cas l’innovation. Ce jour-là,  j’ai compris que la sécurisation du business model en cours empêchait la prise de risque et rendait totalement schizophrène le management et l’organisation. Alors j’ai décidé d‘étudier et de définir des dispositifs qui permettent aux entreprises d’expérimenter sans anxiété et aussi de ne plus avoir peur. Depuis, ce qui guide mon action, c’est la valeur (définition étendue) que je suis capable de créer pour mon entreprise et ses parties prenantes et les petits moments de bonheur qui en découlent.

Mon nom de Corporate Hacker est Ackhenaton

Ensuite, je garde les itérations plus récentes pour moi et j’espère que vous saurez pardonner les faiblesses du premier jet. Ensuite pour éviter tout ambiguïté, mon nom de corporate hacker est là surtout pour me rappeler que je ne dois éviter de me prendre trop au sérieux et parce que je l’aime bien.

Maxime et Fabrice

« Makestorming », tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le corporate hacking !

Marie-Noéline Viguié et Stéphanie Bacquère, fondatrices de Nod-A se sont lancées ! « Makestorming », le guide pratico-pratique sur le Corporate hacking, bourré de témoignages, retours d’expérience et de conseils sort le 24 mai; c’est un bouquin optimiste et pragmatique pour retrouver le plaisir de travailler et une véritable inspiration pour les intrapreneurs qui veulent faire changer les choses de l’intérieur. Elles m’ont proposé d’en écrire la préface. Ce que j’ai accepté avec plaisir. Je vous en livre quelques extraits et vous incite à venir débattre avec 200 bougeurs de lignes et hacktivateurs le 24 mai à 18H30 à l’occasion de la soirée de lancement.

« Début 2012 : je me souviens de la première fois où j’ai découvert sur Internet ce  que Marie-Noéline et Stéphanie défendaient. Je venais de lancer un dispositif pour expérimenter la mise en mouvement de l’intelligence collective dans l’entreprise au service de l’innovation. De leur côté, elles venaient de « hacker » le Musée des Arts décoratifs de Paris avec Muséomix pour présenter les oeuvres au public sous un jour complètement nouveau. J’ai eu envie de les rencontrer et de creuser ce truc un peu dingue à première vue, mais qui… marchait ! (…) C’est cela, la touche nod-A : une approche « maker » faite de visualisation et de prototypage pour donner du corps aux idées et gagner en agilité. On place les collaborateurs en situation de faire et plus seulement de penser … Avec pragmatisme et enthousiasme ! (…) Comme elles, nous sommes nombreux à avoir travaillé en mode test and learn, parfois dans l’ombre, contre vents et marées, pour que cette révolution prenne corps chaque jour un peu plus. Depuis plusieurs années, nous avons oeuvré, chacun à notre niveau, pour faire reconnaître la force de ces modes de travail de rupture au travers de résultats concrets. Nous nous sommes souvent heurtés à des légalistes, gardiens de l’ordre établi, à des sceptiques, à des sourires en coin… On nous a pris parfois pour des « bobos » un peu perchés, on nous a traités d’utopistes, de doux rêveurs… Peu importe ! On y croyait, on commençait à avoir des preuves que ça marchait, et on a poursuivi notre entreprise ! Il n’y a pas plus réaliste que l’utopie des makers. Et il n’y a pas plus pragmatique que le corporate hacking. Il ne s’agit pas seulement de faire des choses sympathiques,parce qu’on ne change pas le monde avec ça. On change le monde en faisant autrement, et surtout en faisant pour de vrai. Avec ténacité, audace et bienveillance.

Bientôt, le corporate hacking ne sera plus seulement une alternative aux modèles traditionnels : il deviendra presqu’une injonction. Mais une injonction tellement enthousiasmante ! Car il ne s’agira pas de se soumettre à un nouveau modèle : nous devrons l’inventer collectivement pour développer l’engagement individuel, libérer les talents en nous appuyant sur le plus grand nombre (et pas seulement sur les cadres et les managers) pour développer une performance durable et responsable. Les bases de ce modèle sont déjà connues, et vous les retrouverez dans ce livre : il s’agit d’imaginer de nouvelles façons de travailler en développant la confiance et des collaborations nouvelles. D’autoriser les erreurs et de multiplier les occasions d’apprendre. De dépasser l’innovation purement technologique pour retrouver une innovation collective et ouverte basée sur l’expérience. De donner le pouvoir à ceux qui font et d’embarquer tous les collaborateurs pour créer ensemble de la valeur partagée. D’entrer pleinement dans l’ère du « co », du partage et de la générosité. Pour cela, il faut d’abord accompagner et amplifier encore la prise de conscience, notamment des organisations. Il faut aussi faire vivre un vrai mouvement, pour que les hackers vaillants, les intrapreneurs et autres rebelles constructifs trouvent des alliés dans et à l’extérieur de leur organisation. Il faut enfin démocratiser les outils de l’intelligence collective : partager les expériences des uns et des autres, capitaliser et essaimer ce qui a ou n’a pas marché, transmettre nos outils et méthodes à ceux qui veulent passer à l’ « Hacktion » .

Les défis des hackers sont d’inspirer, de partager et d’outiller : c’est pour cela qu’avec une dizaine d’autres agitateurs et makers, nous avons créé les Hacktivateurs en décembre 2015 . Notre association regroupe déjà plus d’une centaine d’ « impertinents bienveillants»,  passionnés par les opportunités qu’offre notre époque. (…). Il y a une phrase de Peter Drucker que j’utilise souvent : « La raison d’être d’une organisation est de permettre à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires ». Ces « gens ordinaires », ce sont nous tous. Nous n’avons pas de cape sur le dos, nous ne sommes pas des super héros et nous n’avons aucune envie de le devenir. Nous sommes tous une partie de la solution, nous avons chacun la possibilité de faire des choses, pas forcément la révolution, mais de prendre des initiatives qui, mises bout à bout, finissent par transformer profondément le système. Nous voulons que les choses bougent, s’améliorent pour le bien de chacun et de tous. Commençons par bouger nous-mêmes. Tentez l’expérience, et vous verrez : on est souvent surpris de ce dont on est capable ; on est surpris aussi de ce que peuvent apporter les autres quand on entre dans une logique de partage et d’intelligence collective. Le corporate hacking, ce n’est pas seulement briser un carcan pour challenger l’existant et faire changer les règles : c’est avant tout appartenir à une communauté de faiseurs, devenir les maillons d’un cercle vertueux, en s’inspirant de quelques pionniers et en inspirant d’autres personnes à son tour.

Marie-Noéline et Stéphanie font partie de ces personnes qui m’ont inspirée depuis près de huit ans. Aujourd’hui, à mon tour, je vous invite à rejoindre le mouvement des corporate hackers. Ce livre est là pour vous y aider, pour vous accompagner au travers de témoignages et d’outils ! « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien », écrivait Helen Keller.

Vous avez envie d’en savoir plus, alors Hacktion et RDV le 24 mai à 18H30 pour la soirée de lancement avec plein d’Hacktivateurs !

Pour participer au lancement, inscrivez-vous ici !

Agitateurs, entrepreneurs… Hacktivatrices !

Loin de la niaise candeur, du conformisme de bon aloi et de l’extrême métal, les entrepreneurs, figures emblématiques des 3ème et 4ème révolutions industrielles, hackers, font résonner une nouvelle mélodie planétaire, souvent plus sage et respectueuse de la complexité humaine et des différents écosystèmes.

Au sein des entreprises, l’entrepreneuriat se décline sur un mode flexisécure, l’intrapreneuriat. De belles réussites sont énoncées dans le livre « Transformer l’entreprise de l’intérieur« , avec une stricte définition : « l’intrapreneur social est un salarié qui développe, au sein de son entreprise, une activité innovante susceptible d’apporter une solution durable à un problème de société. Cette innovation sociale, intégrée dans le cœur de métier de l’entreprise, se caractérise par un modèle économique propre, visant, a minima, à couvrir les coûts du projet, et favorisant la participation des collaborateurs de l’entreprise qui sont invités à y apporter leur expertise. » Emmanuel de Lutzel, co-auteur avec Valérie de La Rochefoucauld-Drouâs, est également membre des Hacktivateurs.

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Nod-A, makestorming, corporate hacking

Les corporate hackers, moutons à cinq ou sept pattes au genre inclassable, ne rentrent pas forcément dans les lignes de cette définition… Souvent doué.e.s, reliant « têtes et cœurs », théories et pratiques, elles/ils remplacent les murs par des moulins à vent et tracent de nouvelles voies d’action collective pour tantôt réaligner, tantôt faire basculer, toujours bousculer (Grande Disruption à l’œuvre… « Faut pas zarmer » :)) Tous profils à l’œuvre, mais pas de misanthropes ! #HauteQualitéHumaine

 

Peu de (personal) marketing addicts chez les corporate hackers ; plutôt une ambiance de marketing responsable. Les stratégies d’influence sont appréciées dans leur valeur ajoutée aux combats menés, mais « savoir, faire, (savoir-)voir et partager » priment sur les logiques excessives de personal branding… Quelques-uns parmi tant d’autres, les hackers sont trop conscients des enjeux contemporains, et soucieux du respect de leur intimité.

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Ainsi les corporate hackers déclinent-ils les #CivicTech, #EdTech, #FinTech, #GreenTech, #MedTech, … au sein des organisations en conscience des besoins humains, et dotés des compétences utiles.

Tel conseiller RH adepte de data analysis décidera de relier ses référentiels classiques aux réseaux sociaux internes pour mieux connaître chaque salarié et mieux le servir (développements personnel et professionnel : formation, mobilité, temps et espace de travail,…) #EdTech. Quid des dirigeants qui ne considèrent pas les salarié.es comme des clients de l’entreprise ?

Tel médecin du travail établira une communication électronique personnalisée au fil de l’eau avec ses patients et fera la promotion des objets connectés anti-stress, mesurant en temps réel l’impact des activités et rencontres sur les personnes #MedTech. Au grand dam des facteurs de stress ainsi démasqués, qui devront être traités.

Telle communicante libérera la parole avec doigté grâce aux outils numériques pour une meilleure connaissance des attentes du terrain, une plus grande proximité entre Top Managers et opérationnels. Expression garantie de toutes les intelligences ! #CivicTech. Tant pis pour les DG adeptes des décisions prises unilatéralement en tour d’ivoire.

Telle responsable logistique introduira des vases connectés sur les bureaux et choisira avec soin les plantes utiles, afin de réaliser des économies d’eau tout en garantissant un environnement de travail agréable, détoxifié #GreenTech. Dans un premier temps, les dépenses mobilières en pâtiront.

Les hackers, entrepreneurs et intrapreneurs, n’ont pas fini de raconter de belles histoires en amenant d’autres conteurs et acteurs dans leur sillage… Et au-delà. Les élèves sont susceptibles de dépasser les maîtres

Les chemins numériques, jalonnés de hacks en tous genres, sont porteurs d’avenir. Au féminin aussi, quoique puisse suggérer l’illustration du tweet ci-dessous 🙂

D’ailleurs, l’association Les Hacktivateurs compte autant de femmes que d’hommes… Et le comité fondateur est mixte !…  PLACE À L’HACKTION (mot féminin) !